Ce que cache le rétropédalage sur le télétravail. Point de vue cadre du Synergie N°23 • Avril 2026
L’accès au travail professionnel est long et stressant, soumis à la pression de la performance avant même l’obtention d’un emploi. Notre politique d’embauche exige de plus en plus un niveau d’études élevé et, même avec un « bagage » solide, l’insertion reste incertaine. Cette situation doit amener à prendre conscience de l’importance de l’accompagnement des jeunes.
Part des différentes Générations de salariés PA
Source : Données sociales 2023 RSG – Env. 1000 CDI PA


La place des jeunes dans l’entreprise :
Pour accompagner la croissance du groupe AXA en France, l’entreprise recrute et notamment des personnes jeunes. Parmi les salariés administratifs,
- 41 % ont moins de 40 ans, dont 12 % moins de 30 ans.
- 17 % des salariés ont moins de 5 ans d’ancienneté.
L’arrivée de jeunes talents est essentielle à la vitalité de notre entreprise. Pourtant, leur intégration est un défi complexe, marqué par les évolutions du monde du travail et les aspirations d’une nouvelle génération.
L’entrée des jeunes dans l’emploi contrarié par le développement de l’IA
L’effet de l’IA sur l’emploi des jeunes, déjà bien visible aux États-Unis, touche maintenant la France selon une note de l’INSEE.
L’emploi des salariés de moins de 30 ans recule de façon plus ou moins importante selon les secteurs. À titre d’illustration, il atteint 7,4% dans les emplois informatiques et 3,7% dans les activités de conseil en gestion.
L’observation de la tendance en cours outre-Atlantique fait craindre un accroissement du phénomène. Résultat, l’arrivée des jeunes sur le marché de l’emploi devient une étape de plus en plus délicate.
Employabilité et Études longues
L’exigence d’employabilité s’impose, les salariés sont rendus responsables de leur trajectoire avec la multiplication des contrats précaires, qui sont passés de 4,5 % en 1982 à 12,2 % en 2017.
Les jeunes sont particulièrement touchés. Un jeune sur trois est contraint d’accepter des emplois inférieurs à ses qualifications ce qui génère frustration et potentiel inexploité pour l’entreprise.
Une tendance de fond se dégage : l’exigence d’un Master (Bac+5) comme nouvelle référence pour de nombreux postes pousse les jeunes dans une véritable « course au diplôme ». Cette évolution est la cause d’une pression intense qui semble causer préjudice aux profils de type BTS (Bac+2), pourtant précédemment très valorisés pour leurs compétences opérationnelles.
Plusieurs problèmes en découlent : Un ressenti de « déclassement » à l’embauche, des difficultés dans l’intégration, et un accès à l’emploi plus difficile pour les moins diplômés.
L’apprentissage est une approche gagnante pour les jeunes et pour l’entrepris
Il ne faut plus penser la question de l’apprentissage sous le spectre de « la prime », de « l’exonération des cotisations patronales », ou des différents « mécanismes d’incitation ». Pour notre entreprise, c’est un formidable outil de transmission de notre culture d’entreprise et de nos savoir-faire. En formant des apprentis, nous investissons dans l’avenir et nous anticipons nos besoins en compétences, préparant ainsi les recrutements de demain.
Pour les jeunes, l’apprentissage représente une solution gagnante. C’est l’opportunité d’acquérir une expérience concrète et de s’insérer plus sereinement.
Mais il s’agit aussi d’un accompagnement social de l’entreprise qui prend en charge le coût des études et apporte un petit revenu à l’étudiant.
Toutefois, pour aboutir à une intégration réussie l’apprentissage nécessite que les maîtres d’apprentissage soient formés et valorisés : ils sont les piliers du succès de ces parcours. L’apprentissage crée aussi un dialogue essentiel entre les générations et pousse à réfléchir à nos propres pratiques de travail.

Conclusion

En définitive, la manière dont nous intégrons nos jeunes dessine l’entreprise de demain. Au-delà des chiffres et des processus, il s’agit de créer un environnement où la transmission est valorisée et où chaque talent, qu’il soit issu d’un parcours long ou d’une voie professionnalisante, trouve sa place.
L’intégration des jeunes ne doit pas être subie, mais pensée et organisée. Il est de notre responsabilité collective de créer un environnement où chaque jeune, quel que soit son parcours, se sent accueilli, reconnu et peut se projeter durablement. L’apprentissage est l’incarnation de cette vision : un pont solide entre les générations, une source de dialogue et une réponse humaine à la pression du marché. En investissant dans nos apprentis et dans ceux qui les forment, nous ne faisons pas que préparer l’avenir.