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FICHE PRATIQUE

Harcèlement moral ou sexuel : suis-je en accident du travail ?


Les conséquences du harcèlement sur votre santé peuvent être reconnues comme un accident du travail. Voici comment identifier votre situation et faire valoir vos droits.

Le harcèlement peut-il être un accident du travail ?

Un accident du travail est un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, entraînant une lésion physique ou psychologique. Pour être reconnu, l’accident doit répondre à trois critères :

Il doit être lié à votre activité professionnelle.

Il doit entraîner une lésion soudaine et identifiable.

Il doit survenir pendant que vous êtes sous l’autorité de votre employeur.

  • OUI, LE HARCÈLEMENT PEUT DÉCLENCHER UN ACCIDENT DU TRAVAIL.
    Un malaise, une crise d’angoisse ou un épisode dépressif directement liés à des agissements de harcèlement moral ou sexuel peuvent être qualifiés d’accident du travail dès lors qu’ils surviennent à l’occasion du travail et entraînent une lésion psychologique ou physique identifiable.

La Cour de cassation a expressément reconnu cette possibilité : les conséquences d’un harcèlement moral sur la santé du salarié peuvent constituer à la fois un accident du travail et ouvrir droit à une indemnisation distincte pour harcèlement moral (Cass. soc., 4 septembre 2019).

Harcèlement moral ou sexuel : quels effets sont reconnus ?

Les deux formes de harcèlement peuvent entraîner des conséquences sur la santé ouvrant droit à la reconnaissance en accident du travail :

Harcèlement moral


  • État dépressif ou anxieux

  • Stress intense, malaise au travail

  • Troubles du sommeil ou de l’alimentation

  • Burn-out lié aux conditions de travail dégradées

  • Crise d’angoisse survenant en situation professionnelle

Harcèlement sexuel


  • Choc psychologique suite à des agissements

  • État de détresse émotionnelle soudain

  • Malaise physique consécutif à une situation intimidante ou humiliante

  • Troubles psychologiques liés à une agression

  • ATTENTION
    Il ne suffit pas que le harcèlement soit établi. Il faut également démontrer un lien direct entre les agissements et la lésion constatée (physique ou psychologique), et que cet événement est survenu dans un cadre professionnel.

Voici des situations concrètes pour vous aider à évaluer votre cas :

Reconnu

  • Un malaise survenu sur le lieu de travail à la suite d’une scène humiliante de la part d’un supérieur hiérarchique.
  • Une tentative de suicide ou une crise grave consécutive à des persécutions professionnelles documentées (TASS d’Épinal, 2000 ; CA Riom, 2000).

Plus incertain

  • Un état dépressif qui s’installe progressivement sans événement déclencheur soudain et identifiable : cela relève davantage de la maladie professionnelle.
  • Un événement survenu en dehors du temps de travail, sauf si le lien avec le travail est établi (ex.: harcèlement par messages après les heures).
  • BON À SAVOIR
    En cas de harcèlement reconnu comme accident du travail, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir une indemnisation distincte, en plus de la prise en charge au titre de la législation sur les accidents du travail.

Les démarches à suivre

Étape 1 — Consultez un médecin immédiatement

Faites constater votre état de santé par un médecin (généraliste, médecin du travail). Le certificat médical initial est la pièce clé pour la reconnaissance de l’accident.

Étape 2 — Déclarez l’accident à votre employeur

Vous disposez de 24 heures pour signaler l’accident à votre employeur. Cette déclaration peut se faire oralement ou par écrit. L’employeur a ensuite 48 heures pour la transmettre à la CPAM.

Étape 3 — Signalez les agissements de harcèlement

Déclarez les faits à votre hiérarchie, aux RH, ou directement au référent harcèlement de votre entreprise (obligatoire dans les entreprises de 250 salariés et plus). Mentionnez les agissements de harcèlement comme cause de votre état.

Étape 4 — Constituez vos preuves

Rassemblez tous les éléments : témoignages, échanges écrits, SMS, e-mails, certificats médicaux, compte rendu d’éventuels entretiens, signalements antérieurs. En cas de harcèlement, la preuve est libre.

Étape 5 — Contactez votre section syndicale CFDT

En cas de doute ou de difficulté, rapprochez-vous de votre représentant CFDT. Une organisation syndicale représentative peut agir en justice en votre faveur, avec votre accord écrit.

  • DÉLAIS À RESPECTER
    L’action devant le conseil de prud’hommes se prescrit par 5 ans suivant les faits. L’action pénale pour harcèlement (moral ou sexuel) se prescrit par 6 ans. Ne tardez pas à agir.

Besoin d’aide ?

CFDT AXA France : contactez votre section syndicale en cas de doute.

Service RH AXA : service.accueilrhaxa@axa.fr

CPAM : consultez votre espace personnel sur ameli.fr.

Inspection du travail (DREETS) : mène des enquêtes confidentielles en cas de plainte pour harcèlement.

Défenseur des droits : peut être saisi en cas de discrimination liée au harcèlement.

Connaître vos droits, c’est garantir votre protection ! 🚀