Fermeture du site de Soissons : Quand le financier passe avant les salariés
Nous sommes consultés sur un Projet de délégation de l’activité de gestion des Archives de Soissons. Cette annonce, bien que présentée avec un calendrier étalé jusqu’à fin 2027, soulève de nombreuses interrogations pour la Cfdt et l’ensemble des représentants du personnel présent. En effet, derrière les chiffres et les considérations économiques se trouvent six collaborateurs dont l’avenir professionnel est directement impacté par cette décision stratégique.
La Direction a exposé une baisse significative des flux d’archives (-40% depuis 2020), passant de 378 à 222 kilomètres linéaires, conjugué à des investissements immobiliers jugés trop lourds pour maintenir le site aux normes.
Une économie annoncée mais non démontrée
La Direction évoque une économie annuelle d’environ un million d’euros sur les frais de locaux (qui appartiennent au Groupe AXA). Or, cette donnée isolée ne permet pas d’évaluer la pertinence économique globale du projet. Vos élus ont ainsi exigé des informations détaillées sur le coût du transfert des archives, le coût de l’externalisation vers le prestataire retenu, les frais de transfert vers le site de Marly qui accueillerait le musée historique d’AXA, ainsi que l’impact RSE et environnemental des opérations de déménagement.
Six Collaborateurs dans l’incertitude
L’équipe de Soissons compte actuellement six collaborateurs en CDI : cinq archivistes et leur manager. Selon la pyramide des âges présentée, trois seraient en âge de partir à la retraite entre 2026 et début 2027, tandis que deux autres pourraient partir vers 2028-2029. Toutefois, être « en âge de partir » ne signifie pas disposer des trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein ni même souhaiter partir.
La CFdt a insisté sur une demande essentielle : A situation exceptionnelle, des mesures d’accompagnement exceptionnelles doivent être prises. Le rattachement du site de Soissons au bassin Île-de-France constitue une aberration géographique, les autres sites se trouvant à plus de 110 kilomètres. Les élus revendiquent notamment la possibilité de dispenses d’activité totale, un accompagnement financier pour les départs anticipés, et des solutions de télétravail intégral si des postes devaient être proposés.
Un calendrier d’accompagnement RH à préciser
La représentante RH, rencontrera l’ensemble des collaborateurs le 10 mars 2026 pour recueillir leurs aspirations. La Direction s’est engagée à proposer un accompagnement personnalisé et adapté à chaque situation. Néanmoins, les élus demandent un retour détaillé sur l’état de ces échanges avant toute consultation définitive (normalement en mars 2026).