Département AML Office et Opérations Sécurité Financière : Une Réorganisation sous Surveillance
Un projet d’ajustement en réponse aux exigences réglementaires
La direction Conformité et Opérations Réglementaire a présenté un projet de réorganisation du département AML (Anti-Money Laundering) Office et Opérations Sécurité Financière, visant à adapter ses structures aux nouvelles obligations européennes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Des enjeux majeurs : charge de travail, pérennisation des emplois en FRANCE et répartition des activités entre la France et le Maroc.
Si l’objectif est d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la qualité des données, nous exprimons des réserves sur les moyens alloués en termes d’accompagnement des salariés et de risques de délocalisation progressive des compétences.
Les Enjeux de la Réorganisation : Rationalisation ou Externalisation ?
Le projet prévoit une refonte des pôles au sein du département AML, avec une répartition des activités entre Nanterre, Pessac et AXA Services Maroc (ASM). Concrètement, certaines tâches de recherche d’informations, jusqu’ici réalisées en France, seront externalisées vers le Maroc, tandis que les équipes de Pessac se concentreront sur des missions à plus forte valeur ajoutée, comme le traitement des alertes avérées.
Cette logique de rationalisation s’inscrit dans un contexte de hausse des volumes d’alertes et des obligations déclaratives, imposées par le règlement européen, applicable dès juillet 2027. Cependant, quel équilibre entre automatisation, délocalisation et maintien des compétences en France ?
Le transfert de 2 ETP de Pessac vers 3 ETP au Maroc pour une même activité : cette externalisation sera-t-elle étendue en cas d’augmentation de la charge de travail ? La Direction assure que cette décision répond à des impératifs de qualité et de délais, mais sans garantie sur l’évolution future des effectifs en France. Pourquoi ne pas conserver ces emplois à PESSAC et recruter un salarié supplémentaire ?
Engagements et suivi : Quelles garanties pour les salariés ?
La Direction a pris plusieurs engagements pour accompagner cette transition : aucun transfert d’activité vers ASM n’est prévu pour les missions critiques, comme les déclarations de soupçons ou les contrôles de niveau 2, et un suivi mensuel de la charge de travail sera mis en place pour ajuster les effectifs si nécessaire, notamment via des recrutements en CDD ou des pérennisations de contrats.
La Cfdt réclame des indicateurs concrets pour mesurer l’impact réel de cette réorganisation. Parmi nos demandes figurent :
- Un bilan de la charge de travail après la mise en œuvre du projet (d’ici fin mars 2027).
- Des formations adaptées pour les salariés amenés à évoluer vers des missions plus techniques.
- La priorité aux CDD en cours (comme celui arrivant à échéance en janvier 2027) en cas de recrutement supplémentaire.
Si la Direction affirme avoir obtenu des renforts par le passé, quant sera-t-il pour le futur ? Car il est à noter que les recrutements à la DT2 montrent une baisse constante depuis 2024, ce qui interroge sur la capacité d’AXA France à absorber ces changements sans fragiliser ses équipes.
Cette réorganisation du département AML s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation pour répondre aux exigences réglementaires croissantes. Si les objectifs d’efficacité et de qualité sont louables, leur réussite dépendra du suivi de la charge de travail, avec des ajustements en temps réel, de l’accompagnement renforcé des salariés, via des formations et des mobilités internes et d’une transparence accrue sur les recrutements et les externalisations, pour éviter une érosion des compétences en France.
Notre avis défavorable reflète nos préoccupations. Nous exigerons, lors du bilan prévu au premier trimestre 2027, que l’adaptation aux nouvelles réglementations ne doit pas se faire au détriment des salariés.
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