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Auteur/autrice : admin4544

Le mal-être au travail : un problème pour les salariés mais aussi pour l’économie

Depuis quelques années le salarié vit de plus en plus mal la rigidité des hiérarchies. Les managers de proximité en sont tout autant victimes dans la mesure où il leur est demandé de mettre en œuvre un modèle managérial qui leur est imposé. Résultat, la souffrance est générale et le métier de manager n’attire plus.

Pour illustrer le propos, la gestion de la très récente canicule est révélatrice. Alors qu’une concertation avec les différents acteurs (managers, salariés et leurs représentants) aurait amené à l’évidence qu’il fallait laisser aux salariés la possibilité de s’organiser au mieux pendant une semaine (venir sur site ou non selon ses conditions de transport et ses conditions de travail à domicile) et supprimer l’ensemble des réunions en présentiel, la Direction de l’entreprise a décrété unilatéralement que la gestion des 3 jours de télétravail hebdomadaires suffisait à faire face à la situation. 

À l’arrivée, des salariés qui se sentent méprisés et une Direction qui finit par ne plus être en mesure de décider puisqu’elle subit les avaries des systèmes de climatisation.

Quel gâchis !

Les salariés aspirent aussi à plus d’autonomie et d’implication dans les décisions de l’entreprise. La vérité ne doit pas être décrétée, elle doit naître d’un partage. Imposer des solutions aux équipes et simplement leur demander de les mettre en œuvre n’est pas de nature à développer l’implication et ne peut qu’aboutir à une forme de désengagement. Dans les transitions d’organisations, l’expérimentation et l’évaluation au sein des équipes sous l’impulsion des managers, et moyennant l’ouverture aux suggestions d’amendement des représentants des salariés, permet de dégager les meilleures solutions et des ambitions véritablement partagées. Malheureusement, ce schéma n’est pas celui le plus développé dans notre entreprise.

À titre d’exemple, il suffit de voir comment à quelques années d’intervalle un double mouvement a impacté les salariés de la souscription IARD avec la mise en place de la polyvalence multi-branches décrétée verticalement, avec nécessité d’un investissement lourd en formation pour chacun, pour finalement renoncer ensuite tout aussi verticalement à ce modèle sans plus de concertation. 

Sans surprise, les conséquences en termes de risques psychosociaux ont été massives, là où une réflexion collective aurait permis une transition plus adaptée. 

Faible autonomie accordée aux salariés, management trop directif et manque de reconnaissance sont à l’origine de nombreux problèmes dans l’entreprise, parmi lesquels la dégradation de la QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail) et le désengagement, que l’on attribue à tort au Télétravail.

Si la France apparaît globalement mal positionnée sur le sujet du style de management, rien n’interdit à notre entreprise de montrer l’exemple en sortant de cette conception rétrograde. Or, aujourd’hui, elle tend plutôt à le renforcer.

Alors qu’en Allemagne la cogestion avec les organisations syndicales aboutit à une gouvernance équilibrée produisant plus d’engagement et d’innovation, notre entreprise développe l’autoritarisme et limite l’autonomie au risque de nuire à notre compétitivité si aucun virage n’est pris.

Ainsi, plus de deux ans avant l’entrée en négociation, la Direction affirme avant tout échange que nous passerons à 2 jours de télétravail : vous avez dit Verticalité ?

Dans des accords de plus en plus nombreux, sous prétexte de gestion homogène au niveau du Groupe, la Direction introduit des chartes rédigées unilatéralement par elle (ex : accord Égalité-Diversité). Les mesures contenues dans ces chartes peuvent pour certaines être excellentes, les contours n’en sont pas moins exclus du champ de la négociation. Pourtant la négociation aurait pu laisser de la place pour leur optimisation. 

Trouver des solutions aux situations individuelles par le dialogue devient également de plus en plus compliqué, l’écoute n’étant souvent que de pure forme. 

Il n’est pas trop tard pour sortir du modèle en cours. 

Cela nécessite de privilégier la confiance par rapport à la concentration du pouvoir et au contrôle. Des salariés plus épanouis constituent un gage de succès durable pour les entreprises. 

La CFDT et les Goodies, un rapport à l’environnement et à la responsabilité sociale qui nous éloigne de cet outil publicitaire

Dans un monde de plus en plus gagné par la surconsommation, au détriment de la qualité de la consommation, la CFDT a fait le choix de largement renoncer à la distribution des goodies à l’ensemble des salariés. C’est un choix lourd de sens en cette année électorale.

Nous avons conscience que ce renoncement n’aide pas la promotion de notre organisation, mais des convictions profondes en sont à l’origine :

Distribuer des goodies à l’ensemble des salariés suppose de trouver des objets peu onéreux, donc presque exclusivement en provenance de Chine, avec une empreinte carbone très élevée.

Les conditions sociales de production de ces objets sont très éloignées des standards que nous défendons dans notre activité de représentation des salariés.

Les objets distribués peuvent plaire à certains et ne pas plaire à d’autres. La énième tasse, gourde, porte-clé peut donc rapidement finir sa vie utile au fond d’un placard ou dans une poubelle.

La CFDT a donc fait le choix de limiter son usage de goodies à des événements (type quiz) qui permet d’éviter d’en distribuer un trop grand nombre, et permet d’y consacrer un coût unitaire plus important.

Pour notre Quiz de l’été, nous allons même plus loin puisque nous allons offrir aux participants des verres Duralex. Au-delà du fait qu’il s’agit d’un objet produit en France, il permet de venir en aide à l’entreprise que ses salariés tentent à toute force de sauver.

Participez aux 3 quiz

Ces droits, vous les vivez chaque jour, saurez-vous quelle en est l’origine ?

POUR LA CFDT LA BAISSE DE 6 % DE L’INTÉRESSEMENT / PARTICIPATION ÉTAIT ÉVITABLE !

La CFDT déplore que l’Intéressement/Participation n’ait pas atteint le plafond rehaussé de 11 % introduit dans le nouvel accord. La gestion des critères de transformation durable par la Direction est à l’origine de cette situation, nous vous expliquons pourquoi !

La Direction nous dit que notre accord d’Intéressement est protecteur puisqu’il intègre un mécanisme de stabilisation.

La Direction prétend que l’Intéressement calculé cette année est le meilleur jamais obtenu de l’histoire du groupe après celui de l’an passé.

La Direction explique que malgré les bons résultats, la Participation, dont
la formule de calcul est imposée par la loi, est en baisse de 40 %.

L’actuel accord d’intéressement intègre des critères liés à la formation et à la réduction des boites mail, mais la Direction omet de préciser que pour atteindre l’intéressement maximum sur ces critères, il est nécessaire d’aller au-delà des 100 % d’atteinte. L’infographie de l’Espace Formation concernant ces deux critères relatifs au développement durable est trompeuse !

Vous pensez qu’en réalisant 100 % de vos objectifs, vous toucherez le maximum de votre intéressement ? 
Erreur, il faut surperformer pour percevoir la totalité de la prime.

Ce que la Direction vous dit sur le portail RH

Ce que la Direction vous ne dit pas !

Le résultat de l’intéressement dépend à hauteur de 30 % de ces deux critères, mais il faut dépasser les 100 % d’atteinte pour obtenir le maximum.

EDITO

L’apparition de l’IA et son évolution

ChatGPT ne marque pas l’année zéro de l’IA, son histoire commence par une quête entamée il y a plusieurs décennies avec pour objectif de simuler l’intelligence humaine.

À ce jour, L’IA n’est pas réellement intelligente. Elle ne fait qu’exploiter des capacités de stockage et de calcul à grande échelle.

Les différents niveaux d’intelligence artificielle

L’IA “étroite” ou “faible” ou ANI (*) reproduit des éléments précis et résout des problèmes définis. Elle est aujourd’hui représentée par nombre d’applications associées à divers équipements(voitures autonomes, la reconnaissance d’image, gestion de texte …).

L’IA “générale” ou AGI (*) est théoriquement capable d’apprendre et de s’adapter à tout problème, comme le ferait un humain. Elle cherche à reproduire la complexité du cerveau. Cette IA en est au stade de la recherche. Il n’existe pas d’application qui la mette en œuvre aujourd’hui.

L’IA “super-intelligente” ou ASI (*) désigne la forme d’IA qui dépasse les capacités cognitives de l’humain, de manière totalement autonome. Cette forme d’IA est hypothétique et pose des questions éthiques et philosophiques importantes, voire fondamentales.

Aujourd’hui, toutes les IA se classent parmi les ANI. L’IA générale n’est pas une réalité immédiate, mais peut-être le sera-t-elle dans un futur proche ?

(*) Source : Le Lab de la Sécurité Sociale, ANI : Artificial Narrow Intelligence, AGI : Artificial General Intelligence, ASI : Artificial Super Intelligence.

La donnée : la nourriture de l’IA qui impacte notre environnement

L’IA suppose de la donnée et la capacité à la traiter massivement. Aujourd’hui, d’immenses serveurs (Data Center) hébergent le « big data » qui est constitué du volume considérable d’informations que les humains et les machines génèrent. La capacité de traiter massivement ces données produit de l’IA et rend obsolète les anciennes méthodes de traitement. La qualité des données est un élément clé pour garantir l’efficacité, le bon fonctionnement et la pertinence des résultats d’un outil d’IA. 

Qui dit développement de l’IA dit multiplication des serveurs et impact extrêmement négatif des serveurs sur l’eau, l’énergie et le climat.

IA générative, vecteur de la propagation de l’intelligence artificielle

L’IA générative est une technologie capable de créer d’elle-même des contenus originaux (texte, images, musique, code informatique), là où les anciens algorithmes se contentaient de classer les informations. Elle fonctionne grâce à une interaction simple : 

Pour créer, l’IA est soumise à une phase d’apprentissage intensif (Deep Learning) qui se déroule comme suit :

L’observation massive : On « nourrit » l’IA avec des quantités gigantesques de données (presque tout internet : livres, photos, articles, codes).

La détection de modèles : À force d’analyses, l’IA repère des structures (par exemple, après « Il était une », le mot « fois » revient presque toujours …).

La compréhension du langage naturel : Elle finit par comprendre le langage que nous utilisons tous les jours plutôt que de simples lignes de codes.

Les entreprises ont perçu tout le potentiel de l’IA Générative et c’est son apparition qui a amené nombre d’entreprises à reconsidérer leur stratégie pour ne pas passer à côté des « bénéfices » qu’elles pouvaient en tirer, que ce soit en termes de qualité mais aussi, et surtout, en termes de productivité.

L’IA générative ne se contente pas de faire un « copier-coller », elle utilise tout ce qu’elle a appris pour créer et assembler des éléments afin de répondre précisément à votre demande.

IA Agentique

Avec l’IA agentique le potentiel des outils IA se développe encore puisqu’elle ne se contente pas de répondre à une question ou à générer un contenu, elle agit comme un véritable assistant autonome.

D’analyser une situation :
Au-delà de suivre une règle rigide, elle comprend le contexte global d’une mission.

De prendre des décisions :
Elle choisit la meilleure alternative pour contourner un obstacle.

De passer à l’action :
Elle utilise nos outils sans intervention humaine (envoyer un mail, réserver un billet, coder un logiciel).

Elle apprend de l’expérience :
Elle s’améliore en continu en observant les résultats de ses actions précédentes.

Si jusqu’alors, l’informatique cesse de fonctionner face à une situation imprévue, l’IA agentique, au contraire, pourra gérer des flux de travail complexes et changeants de A à Z.

L’IA agentique ne se contente pas de « réfléchir » ou de « parler », elle est conçue pour « faire » avec des risques de dérives encore accrus.

L’importance fondamentale du sujet dans l’entreprise

Le groupe AXA ne va pas attendre là où la concurrence avance. Aujourd’hui les salariés AXA utilisent l’IA générative (SecurGPT, Copilot ou SmartinAXA) mais, très vite, L’IA agentique devrait prendre une place importante.

L’utilisation massive des données hébergées dans d’énormes Datacenters a un impact négatif sur l’environnement (consommation massive d’énergie et d’eau). Pour la CFDT il faut mettre en place des indicateurs qui, pour chaque usage et selon la requête effectuée, informent les utilisateurs et agrègent précisément le coût environnemental lié aux utilisations. Cela est une nécessité pour piloter nos usages et prendre les bonnes décisions.

Si l’IA peut automatiser des tâches pénibles, elle menace aussi de transformer radicalement, voire de supprimer, certains emplois.
Il faut anticiper et faire en sorte que l’IA soit au service du salarié et non à l’origine de sa disparition ?

L’IA permet de produire plus et plus vite. Il est impératif que les gains de productivité liés à l’IA servent à augmenter les rémunérations, à faciliter l’aménagement du temps travaillé et à améliorer les conditions de travail.

Le maintien des rôles et responsabilités de l’humain est essentiel. La protection des données, le droit à la déconnexion doivent être garantis.

La perte de sens face à une machine comme l’intensification des tâches sont source de dégradation de la santé mentale des salariés.

Nous devons nous protéger contre l’apparition de nouvelles maladies comme le « Brain Fry », lié à la surcharge cognitive provoquée par l’IA (brouillard mental), ou le Vibe Coding Paralysis (productivité infinie de l’IA qui impacte le cerveau des codeurs informatiques) *

(*) Source : Le Lab de la Sécurité Sociale, ANI : Artificial Narrow Intelligence, AGI : Artificial General Intelligence, ASI : Artificial Super Intelligence.

L’accélération du rythme de travail, la multiplication des outils, la nécessité de supervision constante,  et la surcharge d’informations sont autant de mécanismes qui menacent la capacité cognitive humaine, menant à une fatigue mentale profonde. Pour éviter cela, il faut adopter des pratiques équilibrées, limiter la supervision et le nombre d’outils simultanés, adapter l’organisation du travail.

Rester vigilants sur les impacts de l’IA sur l’emploi.

Veiller à ce que l’IA soit un outil au service de l’humain, et non un instrument de contrôle ou de précarisation.

Mesurer l’impact environnemental de nos usages et faire en sorte de les limiter à ce qui est nécessaire.


La CFDT a demandé en 2023 et obtenu en 2025 un accord-cadre permettant aux élus de suivre et questionner l’arrivée de nouveaux outils IA. Cet accord doit évoluer dans le sens d’un renforcement pour prendre en compte les nouvelles technologies, l’accroissement des risques pour la santé et les risques environnementaux toujours plus forts.